Cécil KimberUN HOMME… CECIL KIMBER
 
UNE MARQUE… MG
 
 
 
Cecil Kimber est né le 12 avril 1888 à Dulwich, dans les faubourgs de Londres. Il y vécut jusqu’à l’âge de 8 ans, quand la famille Kimber déménagea dans le nord de l’Angleterre, à Manchester, car le père de Cecil, Francis Henry Kimber, y avait rejoint son frère pour prendre en main une entreprise d’imprimerie.
 
En grandissant, Cecil se montrait plus attiré par les engins à explosions que par les rotatives familiales. Ses premières montures furent des motos, sur lesquelles il se fit la main, tant comme pilote que comme mécanicien.
A cette époque déjà, autos et motos ne faisaient pas toujours bon ménage. Le jeune Kimber en fit la triste expérience, quand, sur sa Rex bi cylindres, il fut percuté par la voiture d’un avocat, en 1910.
moto accidenté de Cecil KimberIl sortit de l’accident avec son genou droit brisé, et passa les 2 années suivantes avec des béquilles, et connut de fréquents retours à l’hôpital, les chirurgiens tentant de lui sauver la jambe. Il se remit finalement, et on peut penser que cet épisode lui permit d’échapper au  carnage de la première guerre mondiale.
Il reçut 700 livres en dédommagement de l’accident, une somme importante pour l’époque, qu’il investit en partie dans une SINGER 10, pour aider son père dans les livraisons de l’imprimerie. La voiture servit très vite à des courses de côtes et des rallyes organisés par le Manchester Motor club.
Le business familial connut par la suite une phase difficile, et Cecil Kimber se fâcha avec son père, en refusant d’investir le reste des 700 livres dans l’entreprise familiale.
En fait, Cecil croyait dans l’aventure de la construction automobile, et il s’était marié entre temps avec une jeune fille de Manchester, Irene Hunt, qui le supportait totalement dans ses convictions. Cecil et son père ne se réconcilièrent jamais.
 
Le jeune couple déménagea à Sheffield en 1915, lorsque Cecil rejoignit la société Simplex, qui réalisait des voitures de luxe;  il fit son chemin dans plusieurs autres sociétés d’automobiles, mais le point tournant de sa carrière fut son embauche comme directeur des ventes de Morris Garages à Oxford.
La société Morris Motors fabriquait des véhicules populaires, destinés à un usage classique. Deux ans plus tard, Cecil Kimber en était devenu le directeur général, et commençait à concevoir des carrosseries spéciales sur des châssis Morris.
 

Il existe un débat sur la date précise de la création de la marque. La société prétend que ce fut en 1924. Mais en 1923, des voitures comportaient déjà le badge MG, accolé à celui de Morris, et la presse d’Oxford faisait référence au logo octogonal de MG en novembre 1923. Les premières voitures étaient des modèles Morris Oxford recarrossées et étaient fabriquées dans un atelier d’une petite rue d’Oxford.

La première véritable  MG sortit en 1924 : c’est la 14/28, une berline 4 portes sur châssis ” Morris Oxford “. Celle-ci fut immédiatement suivie des premiers exemplaires de la MG quatre places Special Sports, également sur châssis “Morris Oxford”. Lsuccès fut immédiat, et la production se développa rapidement jusqu’à 20 véhicules par semaine !

 

En 1925, Cecil Kimber développe la première MG de compétition « Old Number One ». Partant d’un châssis de Morris Cowley, Kimber y greffa des éléments de suspension surbaissés, ainsi qu’une carrosserie spécifique dite « Chummy ».

 
Usine MGLa création de la MG Car Company date de 1928 ; elle appartenait à William Morris, mais avec l’impulsion de Kimber, l’activité de la jeune société se démarqua rapidement des productions Morris.
En 1930, la production avait atteint un tel niveau – près de 1000 véhicules -, que l’usine de Bainton Road à Oxford, fut contrainte de déménager sur un site plus grand, Abingdon, à 10 Km de là.
Ce fut là le point de départ d’une grande lignée de sportives. On peut citer, pêle-mêle :
M Midget – 1929
Magna type F, Midget type C « Monthléry », Midget J2 – 1931
Magnette K3 - 1933
Midget PA - 1934
Midget TA – 1936
 
 
On ne peut pas évoquer Cecil Kimber sans citer les années vouées à la compétition, quand bien même le groupe Nuffield (le nouveau nom de la société Morris), ne voyait pas cela d’un bon œil.
Les MG ont de tout temps participé à toutes sortes de compétitions – rallyes, trials, circuit, course sur route - et cette implication a beaucoup fait pour asseoir la notoriété de MG comme une marque de voitures de sport. Kimber s’est également beaucoup investi dans la course aux records de vitesse, notamment dans les petites classes 750 et 1000 cc.
Cecil Kimber et son équipe devant la MG EX120Les débuts en compétition démarrent réellement en 1930, sur la lancée des premières M Midget, qui connurent le succès à Brooklands. Un prototype à compresseur, la EX120, en fut extrapolée et devint la première voiture à 750 cm3 à atteindre 160km/h sur l'anneau de Monthléry . Ce succès eut un impact important en Angleterre, et donna naissance à la Midget type C. La EX 127 suivit en 1932, et atteignit, toujours à Montlhéry, la vitesse de 190 km/h.
En 1933, fut introduite la Magnette K3, qui allait devenir l’une des plus célèbres MG, par ses victoires au Tourist Trophy, à la Mille Miglia, ou au Nürburgring.
La suite des événements fut plus tourmentée, dans la mesure où le groupe Nuffield dissout le département compétition de MG. De nouveaux programmes virent malgré tout le jour, en particulier au travers des courses de trial, dans lesquelles les légères et nerveuses Midget PA s’illustrèrent, avec l’équipe des « Cream Crackers ».
L’année 1938 vit l’aboutissement des records de vitesse, avec la EX135, qui constitue sans doute l’apogée de l’ère Kimber. Sur la base d’un châssis Magnette, avec un moteur à compresseur Zoller et une carrosserie à faible traînée, elle atteignit la vitesse de 327,5 km/h sur l’autoroute de Francfort, à quatre mois de la seconde guerre mondiale !
 
A l’approche du conflit, la première intention de Cecil Kimber était de transformer l’usine MG en industrie de guerre. Bien que le groupe Nuffield ait reçu des contrats importants de l’état Britannique, aucun ne fut transféré à Abingdon, ce qui était surprenant étant donné la qualité de l’usine MG.
Kimber en fut même réduit à chercher lui-même des contrats, et à accepter n’importe quel type de production, comme des outils d’emboutissage de phares, ou des jauges à huile de chars !
Au début de la guerre, il réussit cependant à décrocher un contrat important pour l’aéronautique, qui concernait la fabrication des cellules du bombardier Albermarle (plus tard l’usine fabriquera des chars Mathilda). Ce fut un succès, mais aussi surprenant que cela soit-il, cela lui coûta sa place.
Son esprit individualiste, et le non respect des directives des dirigeants du groupe Nuffield, furent mis en avant pour justifier son départ.
Cet événement, ajouté à ses problèmes familiaux - sa femme étant décédée au printemps 1938, après une longue maladie - firent basculer le destin de Kimber.
Il retrouva néanmoins un poste d’encadrement chez le fabricant d’autocars Charlesworth, puis pour Specialloid (fabricant de pistons). Il se remaria, et cela lui apporta un peu de consolation, dans ces jours sombres de la guerre.
 
Cecil Kimber est mort tragiquement à l’âge de 56 ans, le 4 Février 1945, dans un stupide accident ferroviaire près de Londres (le train manqua son arrêt au bout du quai de la gare, et Kimber compta parmi les deux seules victimes).
Triste fin pour cet homme exceptionnel, ce visionnaire de l’automobile.
 
Dieu merci, l’esprit MG a survécu.

Christian Lissot
 
 
Légendes des photos :
Cecil_Kimber : Cecil Kimber, à son bureau
Moto_Cecil Kimber : La REX bi cylindre après l’accident de Kimber
Usine_MG : Une série de Magic Midget devant l’usine d’Abingdon,
MGEX120 : Cecil Kimber et son équipe devant la EX120 (brûlée après une tentative de record à Montlhéry)
 
 

Console de débogage Joomla!

Session

Profil d'information

Occupation de la mémoire

Requêtes de base de données