« Mécaniquer sa MG, ça s’apprend… »

Ils sont 9, tous neufs en mécanique ou presque. Ils se sont inscrits au stage initiation mécanique de maintenance de véhicules anciens organisé fin juin par le MG Club de France avec le concours du GRETA (1) au lycée professionnel Camille Jenatzy (2) à Paris.

Cliquez pour voir en plus grand svp - Photos : Patrick Moreau -  tous droits réservés MGCFICliquez pour voir en plus grand svp - Photos : Patrick Moreau -  tous droits réservés MGCFls arrivent de tous les horizons : région parisienne, lyonnais, Dauphiné… Si tous sont curieux d’apprendre à entretenir  leur bien aimée MG, tous ne sont pas des « quiches »  totales en mécanique. Ensemble, ils forment un concentré représentatif du recrutement du MG Club. Avec des moins de 50 ans dont les autos sont plus âgées qu’eux. Avec des seniors très seniors (jusqu’à 72 ans mais ne le dites pas !). 3 d’entre eux sont arrivés au volant de leur MGB : deux cabrios et une GT. Sous l’œil de deux formateurs (Ludovic Renaud dit « Ludo » et Joshua Dufour dit « Joss »), les apprentis mécanos pourront se rôder, outils et jauge à la main, sur ces trois voitures. Pas tout de suite et pas n’importe comment. Modules théoriques le matin et pratiques l’après-midi rythment les 4 jours du stage.

Cliquez pour voir en plus grand svp - Photos : Patrick Moreau -  tous droits réservés MGCFCliquez pour voir en plus grand svp - Photos : Patrick Moreau -  tous droits réservés MGCFJour 1 :« Les principes du fonctionnement du moteur, le cycle à 4 temps, l’organisation des circuits de graissage et de refroidissement, le réglage des culbuteurs ». Ici et là, ça sue et s’inquiète. Où en sont mes pistons ? Et leurs segments ? Quid du joint de culasse,  du vilebrequin, de l’arbre à cames ?... L’après-midi voit des groupes de trois stagiaires au réglage, ou plus exactement au déréglage, des culbuteurs des trois voitures. Gras, trop gras, pas assez gras ?  Tout sera à refaire, Ludo y veille. Heureusement pour les trois MGB cobayes et leurs propriétaires/stagiaires rongés d’angoisse. L’un d’eux croit même y avoir « perdu un cylindre » ! (P.S. : Il sera retrouvé).

Cliquez pour voir en plus grand svp - Photos : Patrick Moreau -  tous droits réservés MGCFCliquez pour voir en plus grand svp - Photos : Patrick Moreau -  tous droits réservés MGCFJour 2 :Ambiance moins guindée. Chacun a pu échanger  sur « sa » MG, ses misères et ses joies. Petite reprise en main de l’instructeur et on attaque le menu du jour : « Les principes de fonctionnement de l’allumage, ses composants, les rupteurs, le point d’avance et leurs réglages… ». Simple ? Pas vraiment. Ça bégaye l’après-midi entre ordre d’allumage des cylindres (1- 3- 2- 4), ordre de sortie des câbles de bougies, PMH et PMB. Ces deux acronymes pour Point Mort Haut et Point Mort Bas. Des cafouillages mais point de morts. Doués, les stagiaires ? L’instructeur fait semblant de le croire.

 

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Jour 3 : Ambiance studieuse pour assimiler les mystères et les lois de la carburation, plus spécialement des carburateurs S.U., merveilles de compromis et de complexité, parfaits concentrés de l’esprit britannique.  Ralenti, richesse, plus rien n’a de secret. Mais de là à savoir régler à la perfection un moteur à explosion… Pardon, il faut désormais dire « moteur à combustion », moins dramatique. A propos de combustion, quel carburant ? Du 95. Parfait mais avec ou sans additif ? « N’importe » sera la conclusion d’un long débat. L’après midi, autour des SU de souffrir des élans des stagiaires. Pas facile d’arriver à un ralenti à environ 800 tr/m.

 

Cliquez pour voir en plus grand svp - Photos : Patrick Moreau -  tous droits réservés MGCFCliquez pour voir en plus grand svp - Photos : Patrick Moreau -  tous droits réservés MGCFJour 4 :« Diagnostics et interventions périodiques ». Chacun sait maintenant (ou croit savoir) comment repérer les pannes d’allumage ou de carburation. Et y remédier. Jusqu’à un certain point car qui dit allumage, dit électricité.  La maîtrise de celle-ci, toujours traîtresse surtout sur une anglaise, s’apprend dans un autre stage dit de Niveau 2 (les inscriptions pour tous ces stages sont à prendre auprès de Jacky Lelièvre, leur organisateur émérite – 18 stages au compteurs - au sein du MG Club de France).

 

Cliquez pour voir en plus grand svp - Photos : Patrick Moreau -  tous droits réservés MGCFL’après-midi, faute de temps, l’enseignement du jour n’a pu être appliqué au contrôle et à la maintenance du freinage. Motif ? Un gargantuesque barbecue organisé sous des parasols dans la cour du lycée maintenant vidé de ses élèves habituels. Moment d’autant plus festif que les propriétaires des trois MGB retrouvaient leur auto au top de sa forme. Avec un câble d’accélérateur tout neuf pour l’un. Avec un faisceau correctement monté pour l’autre. Avec pour le dernier,  une commande de chauffage enfin effective. Pratique de le couper pour rouler l’été ! Même si le brancher est une bonne astuce pour allonger le circuit de refroidissement par grande chaleur dans les embouteillages.

Chauds, les 9 stagiaires, le sont. Tous votent des deux mains pour cette formation Niveau 1. A défaut pour la majorité de pouvoir « mécaniquer » seul leur MG, ils savent désormais comment rouler sans stress à l’écoute de leur moteur, comment expliquer un pépin à un garagiste et comment lire une facture. Ludo et Joss l’ont dit : « Un réglage de carburation, c’est pas une heure, idem les culbuteurs ! ». Merci à eux : les économies à venir rembourseront vite le stage !

Texte et photos : Patrick MOREAU

  1. GRETA : Réseau de l’éducation national spécialiste de la formation des adultes.
  2. Camille Jenatzy (1868-1913), concepteur et pilote de la « Jamais Contente », première automobile à dépasser les 100 km/h le 29 Avril 1899 à Achères avec une motorisation électrique.