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La pluie fait des claquettes


Sur le trottoir à minuit


Parfois, je m’y arrête,


Je l’admire, j’applaudis
Claude Nougaro

Pour le préambule, j’avais tout d’abord pensé au poème de Verlaine : « il pleut sur mon cœur - comme il pleut sur la Ville ». Mwouais ! Un peu tristounet quand même. Alors, j’ai pensé à Barbara, elle aussi a chanté, non sous la pluie comme Gene Kelly, mais la pluie nantaise : Il pleut sur Nantes -  donnes-moi la main – le ciel de Nantes – rend mon cœur chagrin ». Hum ! Pas très drôle pour une sortie MG. Alors, je me suis rappelé les paroles de Claude Nougaro, un peu plus raccord avec la météo, mais aussi la gaieté d’une randonnée automobile.
Mais revenons à la matinée, dans le brouillard, accompagné d’une bruine que nous pourrions qualifiée de bretonne suivi, quand même de miettes de ciel bleu vint, venues à point, nous escorter du restaurant jusqu’au Musée de la Toile de Jouy.


Il est aux alentours de 8h30, lorsque l’Alfiat*  franchie, non sans avoir un peu tourné en rond (en bon parisien qui se respecte, la banlieue reste pour moi une énigme géographique), le seuil du parking, au Coudray-Monceaux, ou nous avons rendez-vous.
Aux alentours de 9h00, les premières MG commencent à pointer leurs capots, une majorité de GT, quelles fussent B, C ou V8, les cabriolets plus frileux sans doute, deux B, accompagné d’une A, d’une TD, et d’une Midget, en nombre réduits.

 

 

Après un bon café gâteau,  préparé et distribué par Alain et son épouse, vint l’heure du départ, pour St-Sulpice de Favières, via des petites routes de campagne de l’Essonne. Petites routes  où l’on pourrait s’imaginer quelque part dans une province profonde et agricole, alors que nous étions presque aux portes de Paris et de sa périphérie.
Saint-Sulpice de Favières, première étape de cette matinée. Visite de l’Eglise, imposante par ses dimensions en regard de celle du village. Histoire peu banale de cette édifice, d’abord chapelle au XII eme siècle, elle due être agrandie, au XIII eme siècle,  afin d’y accueillir les pèlerins qui circulaient sur le chemin de St-Jacques de Compostelle. Un Hôtel Dieu fut bâti proche de l’Eglise, il n’en subsiste aujourd’hui que le porche d’accès.

Si la guerre de cents ans, n’a guère affecté le bâtiment, il en sera autrement durant d’autres périodes. L’on raconte que durant la Fronde, un boulet, tiré par l’armée de Turenne, aurait détruit une partie de la Nef. D’ailleurs, il suffit au visiteur de lever le nez pour constater que le plafond a été « raccommodé », si je puis dire, avec l’installation d’une voûte en bois.
La Révolution apportera sa contribution à la dégradation de l’église. Les révolutionnaires, à l’image de certains irrespectueux modernes, ayant martelé les visages de pierre des Saints qui ornaient le portail**.
Ce samedi 28 mars correspondant à la veille de mon anniversaire, c’est avec bonne humeur et sous un ciel chargé mais plus sage, que nous pûmes sacrifier, modestement, et raisonnablement à Bacchus, afin d’arroser cet évènement annuel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais la pendule nous rappelait quand même que nous avions une tâche importante, rejoindre Jouy en Josas, déjà pour le déjeuner, puis la visite du Musée des Toiles de Jouy. Déjà le soleil commençait à sortir de sa torpeur matutinale pour égayer la dernière partie du parcours, sur des routes moins bucoliques.
Jouy en Josas, le parking de la gare, quasi déserté en week-end, accueille nos autos, sans soucis de place.
Nous rejoignons le restaurant à l’enseigne de Robin des Bois. Petit moment d’angoisse, car le restaurant déniché sur Internet, et au regard d’une expérience passée, m’inquiétait surtout en raison d’un changement de menu la veille de la randonnée.
Mes inquiétudes tombaient rapidement, et c’est avec un grand sourire que les MG’istes, quittèrent le lieu, afin de rejoindre les autos qui nous attendaient sagement à deux pas de l’auberge.


Petit parcours, de quelques centaines de mètres pour atterrir devant la bâtisse qui accueille le Musée des toiles de Jouy. Musée consacré à l’histoire de l’’impression de toiles ‘d’indienne’, et dédié à Christophe Philippe Oberkampf (les parisiens connaissent cette rue, qui part du canal de l’Ourcq pour finir rue de Ménilmontant).
Une heure de déambulation dans les salles, pour apprécier, comprendre les techniques mises en œuvre au XVIII eme siècle, dans un contexte historique, qui allait prendre le nom de siècle des lumières.
Bien entendu, la visite se terminait par l’incontournable boutique, dans laquelle chacun pouvait, selon son goût, se faire plaisir avec des articles de qualité.


Bientôt l’heure du départ, les autos réunies sur le parking du Musée, pouvaient donner de la voix, après que les équipages se soient salués par un chaleureux « au revoir ».
Bilan de cette journée :
14 MG, une Alfiat, sous la bruine matinale, par de petites routes piégeuses à souhait, comme nous les aimons,
Un apéro capot devant l’Eglise de Saint-Sulpice de Favière, apprécié de tous,
Un déjeuner, de bonne facture, à en voir les visages réjouis des convives
Une visite de Musée agréable aux dames, et instructive pour tous.
Des sourires de satisfaction au moment du retour,
Deux organisateurs ravis (pas d’la classe, il ne faut pas pousser) de cette journée.

Alain Dutrêve
Animateur Essonne
J-Paul Le Buzith
Animateur paris / Hauts de Seine

*Contraction de Alfa Roméo et Fiat. L’utilisation de  cette transalpine moderne, m’a été dicté  par sécurité, en raison d’un souci de santé récurent.
** A celles et ceux qui souhaitent connaitre l’histoire de Saint-Sulpice de Favières, je tiens à leur disposition un article rédigé en 2011 sur ce sujet.